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3ème Africardio 2017 à Grand-Bassam / Pr Kakou Guikahué dévoile les défis humains, financiers et organisationnels de la cardiologie en Côte d’Ivoire et en Afrique (Discours inaugural)

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Monsieur le Vice-President de la République de Côte d’Ivoire
Madame le Ministre de la Santé et de l’hygiène Publique
Monsieur le Préfet de Grand- Bassam
Madame la Représentante du Maire de Grand-Bassam
Mesdames et Messieurs les Congressistes, Chers Confrères, Chères Consœurs
Honorables Chefs Traditionnels et Religieux
Honorables Invités
Mesdames et Messieurs
Au moment où je prends la parole en votre présence, je voudrais vous exprimer, avant tout propos, la grande émotion qui m’étreint pour l’honneur fait en ce jour, à la Société Ivoirienne de Cardiologie.
Grande est notre joie, d’accueillir cet après-midi, un parterre de personnalités d’un si haut niveau qui nous rappelle les cérémonies d’ouverture des Journées médicales d’Abidjan qui meublent nos souvenirs de jeune étudiant des années 1970.
C’est pourquoi, Monsieur le Vice-Président et Honorables Invités, nous voudrions vous traduire toute la gratitude des membres de la Société Ivoirienne de Cardiologie ainsi que celle de tous les Congressistes venus d’Europe plus précisément de France, d’Afrique et des Caraïbes.
Monsieur le Vice-Président, votre présence effective, à l’ouverture du 3ème Congrès International de Cardiologie d’Abidjan dont vous avez accepté le parrainage, est le témoignage de l’intérêt tout particulier que vous avez toujours porté au domaine de la Santé. Cette présence est également un signe d’encouragement pour notre Société savante.
Aussi, voudrions- nous, vous rendre un hommage appuyé et vous demander de transmettre au Chef de l’Etat, SEM Alassane OUATTARA et au Gouvernement toute notre admiration pour les efforts déployés chaque jour pour l’amélioration de notre système de santé.
Madame la représente du Maire de Grand- Bassam. Nous avons particulièrement apprécié l’enthousiasme avec lequel votre maire a accueilli la tenue de notre Congrès dans votre ville historique. Nous voudrions vous demander de lui transmettre nos sentiments fraternels.
Honorables Invités, en vos rangs, grades et qualités. Merci pour votre présence réconfortante et stimulante.
Mesdames et Messieurs les Congressistes
C’est avec un plaisir renouvelé que nous vous accueillons à AFRICARDIO 2017.
En effet, depuis avril 2013 que nous avons décidé de l’organisation de notre Congrès International d’Abidjan avec le concours de la Société Tunisienne de Cardiologie, vous avez toujours montré une assiduité remarquable. Ce congrès s’est transformé en une biennale de retrouvailles autour de thématiques précises.
Notre Groupe a été étoffé cette année par la présence de confrères et consœurs venus des Caraïbes pour prendre leur place, selon les nouvelles données par Dr HEDREVILLE de Guadeloupe, leur chef de délégation, aux assises de AFRICARDIO.
En 2013, à. Abidjan, nous avons échangé autour de la Pratique de la Cardiologie en Afrique Subsaharienne. Au cours de ce premier congrès, nous avons établi clairement que les bases des bonnes pratiques cardiologiques existaient en Afrique.
En 2015, à Yamoussoukro, notre capitale politique, ville studieuse et de Paix, nous avons scanné la pathologie coronaire dite jadis rare chez le Noir. A ce Congrès également la preuve des ravages de la pathologie coronaire a été faite. Un consensus s’est même dégagé dans la prise en charge de première intention dans les situations difficiles par l’utilisation de l’Aspirine.
Cette année à Grand-Bassam, cite balnéaire, ville historique classée au Patrimoine de l’UNESCO, nous avons décidé de parler des Insuffisances cardiaques, fléau cardiovasculaire du 21 ème Siècle.
Nous gardons l’espoir que les échanges au cours de cette troisième rencontre, nous permettront de mesurer nos capacités réelles pour la prise en charge de ce syndrome.
Monsieur le Vice-Président
Mesdames et Messieurs
A cette rencontre de notre Société au cours de la quelle, je vais passer le flambeau à la jeune génération de cardiologues, nos élèves, que nous avons faits Maîtres de Conférence Agrégés pour certains et Professeurs Titulaires pour d’autres, le privilège m’est revenu de donner cette année la Conférence Inaugurale de ce Congrès; charge traditionnellement dévolue à un cardiologue invité.
Après notre Maître, le Professeur Edmond BERTRAND en 2013 et le Dr Jean Jacques MONSUEZ de la Société Française de Cardiologie, en 2015, l’honneur me revient de vous entretenir cette anne.
Merci chers élèves pour cette grande marque de reconnaissance qui rejaillit également sur mon aîné, le Pr Raymond ABOUO- NDORY, présent parmi nous.
Le thème que vous m’avez demandé de développer s’intitule:  » Cardiologie en Afrique Subsaharienne. Défis et Perspectives en 2017″
Après l’état des lieux que je viens de vous présenter à travers les différents diapositives, Quels sont les défis et les Perspectives?
Les Défis sont multiples car inhérents à l’exercice même de la médecine et de surcroît de la cardiologie.
Ces défis sont humains, financiers et organisationnels.
1- Les défis humains: c’est l’insuffisance du personnel spécialisé dont la repartitIon spatiale dans un même pays est déséquilibrée.
En Afrique subsaharienne peuplée de près d’un milliard d’habitants, nous n’avons que cinq cents(500) cardiologues soit un ratio de un cardiologue pour 1.942.000 habitants tandis que la France compte cinq mille(5000) cardiologues soit un ratio de un cardiologue pour 13.600 habitants.
Notre pays, la Cote d’Ivoire avec ses soixante (60) cardiologues a un ratio de un cardiologue pour 383.335 habitants.
2- Les défis financiers. Notre situation de pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire ne nous permet pas d’acquérir à profusion des équipements obligatoires pour une pratique performante et sécurisée de la cardiologie qui est une spécialité chère.
Le coût moyen actuel d’un bon traitement anti hypertenseur qui répond aux objectifs de réduction des chiffres tensionnels et de protection des organes cibles est en moyenne de vingt cinq (25) mille FCFA par mois soit presque la moitié du SMIG en Côte d’Ivoire.
La prise en charge d’un Infarctus du Myocarde soigné dans de bonnes conditions (diagnostiqué avant la 6ème heure, ayant bénéficié d’une thrombolyse et ensuite d’une Angioplastie coronaire) est de un million (1. 000.000) FCFA
L’intervention chirurgicale d’une cardiopathie congénitale simple d’un nourrisson ou enfant est de un million cinq cents mille (1.500.000)FCFA
La Pose d’un pacemaker revient à deux millions cinq cents mille(2.500.000) FCFA.
3- Les défis organisationnels. Le manque de systèmes de couverture santé organisés pour la mutualisation du risque maladie.
Les perspectives. Elles sont multiples.
Le rayonnement des Sociétés savantes, l’accélération de la formation, la création de centres régionaux et le développement des systèmes de couverture médicale.
1- Le rayonnement des Sociétés savantes par la poursuite des réunions internationales thématiques pour un meilleur partage d’expériences et le renforcement des campagnes de sensibilisation contre les Facteurs de Risque.
2- L’accélération de la formation. La formation d’un cardiologue est longue car c’est une spécialité qui nécessite onze(11) années d’études.
Je voudrais à ce stade de mon propos saluer l’engagement de Madame le Ministre de la Santé et de l’hygiène Publique qui a pris le pari en 2015, à Yamoussoukro, de répondre favorablement à notre requête de cent(100) cardiologues en Côte d’Ivoire à l’an 2020.
Madame le Ministre. Lors de notre rencontre de 2015, il y a deux(2) ans, nous n’étions que cinquante(50) cardiologues. Aujourd’hui, nous sommes passés à soixante(60) cardiologues.
Nous avons également cinquante quatre (54) Ivoiriens actuellement inscrits au Certificat d’Etudes Spécialisé (CES) de Cardiologie. Si la cadence de dix(10) cardiologues par an est maintenu, nous serons près du but avec quatre vingt- dix(90) cardiologues qui nous amènera à un ration de un cardiologue pour deux cent soixante onze(271) mille habitants.
3- Le projet de couverture médicale universelle constitue pour nous, un espoir. Le financement particulier de la cardiologie est devenu obligatoire, car en 2030, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’Afrique subsaharienne sera le berceau des Maladies cardiovasculaires qui auront décliné dans les pays industrialisées.
Je ne saurai terminer non sans remercier tous nos partenaires qui nous ont permis de réussir cette organisation et savons compter toujours sur eux pour nous accompagner dans le développement de la pratique cardiologue en Afrique subsaharienne.
Je vous remercie pour votre aimable attention.

SOURCE : SICARD

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