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Cours de mercredi- Classes désertes, le boycott continue

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L’arrêté ministériel rendant obligatoire et gratuit les cours de mercredi à l’école primaire semble ne pas être appliqué sur le terrain. Ce mercredi, le constat effectué par Politikafrique.info dans certaines écoles primaires, révèle des salles de classes fermées en raison de l’absence des enseignants. « A chacun son appréciation des cours de mercredi » dit-on.

Nous sommes dans la commune de Koumassi, à l’école primaire Prodomo-Selmer. Dans la cour de l’école, des élèves sont en plein jeux de distraction. Cache-cache, saut à la corde, bref, des moments de recréation. Mais, seulement, il est 9 h et ces élèves ne sont toujours pas dans leurs salles de classe respectives.

« Notre instituteur n’est pas venu ce matin. C’est comme cela les mercredis. Tantôt, il est présent,tantôt absent. Nous ne savons pas pourquoi» s’inquiète Moussa Doumbia élève en classe de CM2.

Mohamed Maiga, 9 ans, en classe de CM1 lui, a été préalablement averti de l’absence de son instituteur. « C’est comme cela qu’on fonctionne tous les mercredis.  Il nous prévient s’il y aura cours le mercredi ou pas. Tout dépend de lui. Parfois nous sommes présents mais on ne fait pas de leçon, on ne fait que bavarder en classe puis quand il est l’heure de rentrer à la maison, on rentre tranquillement » explique-t-il.

Le constat est le même à l’école primaire Sopim de Koumassi. Il est dix heures, la petite Samira en classe de CE1 prend déjà la route de la maison. Questionnée, elle explique que « la maîtresse vient de s’en aller après deux heures de cours» fait-elle savoir.

Si certains instituteurs rechignent à travailler les mercredis, c’est certainement parce qu’ils n’y voient pas « la nécessité » selon M. Koné, enseignant dans une école primaire de Marcory. Bien que présent ce matin, ce quadragénaire avoue lui ne pas dispense les cours tous les mercredis comme l’exige le gouvernement. « Tout dépend du niveau de mes élèves, de leur progression. Si j’estime qu’ils ont des lacunes ou que nous sommes en retard sur le programme alors je fais des rattrapes les mercredis. Dans le cas contraire je ne viens pas» fait-il savoir sans ménagement.

Nous sommes allés à la rencontre d’un instituteur dans la commune de Port-Bouët. Sous couvert de l’anonymat, ce dernier, toujours dans le refus de dispenser les cours les mercredis, estime que « ce n’est ni l’envie qui manque ni la paresse qui l’anime». « Nous travaillons tous les jours ouvrables de la semaine. Si en plus de cela, le gouvernement instaure les cours de mercredi, quand est-ce qu’on aura le temps de préparer les fiches de leçons? » s’interroge-t-il. « Par jour, c’est au moins trois leçons à apprendre aux élèves soit quinze leçons à préparer. Avons-nous le temps de bien nous préparer avec plus de quarante élèves à encadrer dans ces conditions? Non. C’est pour après nous dire que le niveau des élèves est bas »  dénonce-t-il.

Visiblement, le boycott continue sur le terrain. Joint par PolitikAfrique.Info Berthoni Kouamé, porte-parole du Réseau des Instituteurs de Côte d’Ivoire (RICI), fait savoir que « le boycott continue. » Ce sont plus de 90% des instituteurs qui boycottent les cours de mercredi et il en sera de même pour les autres mercredis à condition que le gouvernement procède à la suppression pure et simple des cours de mercredi» exige-t-il ajoutant que « les raisons évoquées par l’Etat notamment le bas niveau des élèves en mathématique et en Français ne justifie en rien l’instauration des cours de mercredi car il s’agit d’un problème de rythme scolaire qui nécessite allègement de l’emploi du temps actuel jugé surchargé. »

Ils sont nombreux ces instituteurs qui ne veulent toujours pas des cours de mercredi. Si certaines salles de classe restent fermées, le contrôle se poursuit sur le terrain pour les agents de l’Inspection de l’Enseignement Préscolaire et Primaire (IEP). Le Ministère de l’Education nationale compte veiller au respect de la loi sur l’instauration des cours de mercredi obligatoire et gratuit.

Source:Politikafrique.info

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