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École malienne : La Sphère d’une année blanche plane !

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Aujourd’hui, il n’est un secret pour personne que l’Ecole malienne est malade, malade de son système éducatif, de son administration, de ses différents acteurs (l’Etat, les collectivités, les CGS, les Académies, les Centres d’Animation Pédagogique, CAP, les enseignants, les Directeurs d’écoles, les parents d’élèves, les APE, les élèves et étudiants, de ses autorités…Du coup, la sphère d’une année plane sur l’année scolaire 2016-2017. Cette maladie a entraîné la baisse du niveau des élèves. Le faible niveau des élèves. Les élèves maliens n’ont eu que 122 jours d’apprentissage en 2009-10 sur un total de 172 jours officiels prévus par le Ministère de l’Education. Ils ont donc perdu presque 30% du temps d’apprentissage. Ceci est bien inférieur à la médiane pour l’Afrique subsaharienne (173 jours). La perte du temps d’apprentissage a une forte incidence sur le niveau des élèves, les résultats, les conditions d’enseignement et d’apprentissage. Le temps réel d’apprentissage fixe le volume horaire de cours par semaine : pour le niveau primaire ce temps est de 25 heures et 10 minutes en dehors du temps consacré à la récréation (1 heure et 20 minutes) et la durée de l’année scolaire est fixée par une décision n°09-03624 du 27 novembre 2009 fixant les dates de congés scolaires et le nombre de jours fériés observés. Les élèves perdent en moyenne 4,9 jours par année à cause du non-respect du calendrier scolaire officiel communiqué par le Ministère. Les incidences sont surtout liées à une rentrée scolaire tardive (en moyenne 1,2 jour) ou un début anticipé des grandes vacances (1 jour), à des grèves. Les compositions de 2ème cycle ont plus d’impact sur les élèves de 1er cycle en zone urbaine (1,6 jour) qu’en zone rurale (0,6 jour) et le temps alloué aux évaluations des élèves est démesuré car il représente 17,8 % du temps officiel d’apprentissage. La perte annuelle du temps d’apprentissage est cumulative et ne permet donc pas aux élèves d’acquérir l’ensemble des compétences prévues par le programme. En effet, un élève qui ne bénéficie que de 70% du temps d’apprentissage officiel chaque année du primaire n’a que 4,2 ans pour développer les compétences prévues dans un programme de 6 ans, tandis que les élèves des écoles à double vacation n’ont que 83 jours réels d’apprentissage. L’absence des enseignants est aussi à l’origine du non- respect du temps réel d’apprentissage. En moyenne, les enseignants sont absents 11,8 jours par année. Les raisons les plus fréquemment évoquées sont les grèves (3,5 jours par année ou 30% des absences), suivies des formations (3,0 jours par année ou 25% des absences). Les enseignants en zone urbaine manquent plus de jours d’école que leurs collègues en zone rurale. Ces heures de cours perdues ne sont jamais rattrapées.
Les pratiques pédagogiques et évaluatives très souvent inadaptées sont aussi à l’origine de la perte de temps, car le pourcentage de temps perdu en salle de classe a mis en avant l’effet de la formation sur la mauvaise utilisation du temps en salle de classe. Les enseignants se servent d’un répertoire très limité de stratégies pour enseigner la lecture/écriture. Le manque de variété dans les modes de présentation ou d’apprentissage et l’absence d’activités d’apprentissage actives peuvent expliquer le taux assez élevé de distraction. Les enseignants allouent 93% du temps en classe aux activités d’apprentissage proprement dites. 7% du temps de classe est utilisé pour la gestion de classe, la discipline, ou simplement perdu car l’enseignant est hors de la classe en train de discuter ou de faire quelque chose qui n’a rien à voir avec l’enseignement (activités personnelles/ sociales). Alors que l’État fixe les modalités du temps d’apprentissage, la plupart des acteurs des écoles et en particulier les enseignants et les CGS ne sont pas conscients de l’impact négatif du non-respect du calendrier sur le résultat scolaire des élèves.
Cette situation est actuellement aggravée par la grève des enseignants. En effet depuis le lundi 13 mars le collectif de syndicats signataires du 15 octobre 2016 de l’éducation fondamentale et secondaire observe une grève de 216 heures pour non satisfaction des revendications déposées sur la table du gouvernement. Jusqu’ici le gouvernement n’est pas parvenu à trouver accord avec les syndicats. Cette situation va sérieusement compromettre la validité de cette année scolaire et universitaire. Le non-respect du calendrier scolaire et du temps réel d’apprentissage est une atteinte aux droits des élèves et étudiants. Le syndicat national des enseignants du supérieur(Synesup) est aussi en grève illimitée. Du coup, la sphère d’une année blanche plane cette année.
De ce fait, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) doit défendre le droit constitutionnel des élèves et étudiants du Mali, c’est-à-dire le droit à l’Education.
En tout cas, vu le degré du pourrissement de la situation actuelle il urge aux ministres en charge de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et tous les acteurs du système éducatif, de mettre leur synergie en action pour arracher un accord avec les syndicats d’enseignants dans un meilleur délai pour sauver l’année scolaire et universitaire.

 

SOURCE : Le Démocrate

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