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Se désintoxiquer de Facebook

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À 31 ans, Benjamin, comptable, passe plus de deux heures par jour sur Facebook. « Je mets à jour mon statut, commente le mur de mes amis, publie les dernières photos de mon fils… Je suis littéralement accro ! » Pourquoi ? D’abord, parce que les concepteurs de Facebook font tout pour ! Comme l’explique Fanny Georges, chercheuse au CNRS, « l’interface est constituée de telle sorte que ce ne sont pas les informations personnelles de l’utilisateur qui sont mises en avant, ce qu’il aime, par exemple, mais l’historique de ses manifestations sur le site : ce qu’il vient de mettre en ligne, avec qui il est désormais ami, etc. ». Le dispositif est pensé pour que les « signes de présence » émis par Benjamin soient fréquents et valorisés. Une temporalité qui pousse à ne pas décrocher…

Combler un vide intérieur

Pour le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, « les désirs sous-jacents à cette activité ont toujours habité l’être humain, le désir que les autres ne nous oublient pas, par exemple ». Publier son humeur se rapproche des quelques mots envoyés jadis sur une carte postale. « Le danger ne survient que lorsque la réalité nous apparaît trop frustrante, poursuit le psychanalyste. Et que nous cherchons à combler cette insatisfaction dans le monde non pas imaginaire, mais virtuel. » Thomas Gaon, psychologue clinicien et cofondateur de l’OMNSH, confirme : « Comme dans tout processus d’addiction, le risque intervient quand nous chargeons l’extérieur de combler un vide intérieur. » Dès lors que l’utilisation de Facebook n’est plus un moyen parmi d’autres d’obtenir reconnaissance et valorisation, mais l’unique moyen, il y a moins surconsommation que mauvaise consommation.

Trouver une sécurité affective

Facebook rassure, « favorise le sentiment d’être intégré socialement, constate Fanny Georges. L’idée est d’être toujours en lien avec autrui, même hors connexion ». Nos « amis » peuvent à tout moment venir nous « voir ». Mais pourquoi utiliser Facebook pour satisfaire ce besoin d’appartenance ? « Timides dans la vie réelle, certains se sentent moins vulnérables sur le Net, répond Thomas Gaon. D’autres, déjà très extravertis, poursuivent ainsi leur parade. »

SOURCE : .psychologies.com

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